La truite fario
Défi Nature ASBL

© Gérald Schmitt

Chaque année, le troisième samedi de mars, il règne une effervescence inhabituelle le long de nos cours d’eau. C’est l’ouverture officielle de la pêche à la truite. Tous les passionnés attendent ce moment avec impatience. Tout était prêt depuis plusieurs jours : cannes, moulinets, appâts, amorces, permis de pêche.

Après une forte baisse pendant plusieurs années, le nombre de pêcheurs est en augmentation. Ils sont plus de 58.000 à pratiquer ce sport en Wallonie. La pêche suscite également un regain d’intérêt auprès des jeunes.

Tout comme le saumon, la truite appartient à la famille des salmonidés.
Il existe plusieurs variétés de truites : la Truite fario, arc-en-ciel, de mer ou de lac. Dans cet article, nous parlerons principalement de notre espèce indigène, la Truite fario.

Sa taille et son poids dépendent des conditions du milieu dans lequel elle évolue (qualité des eaux, nourriture, température,…). En moyenne, la taille varie de 22 à 40 cm pour un poids de 300 à 500 gr environ.

Son corps est élancé et sa tête est relativement forte. Ses nageoires lui servent de moyen de locomotion et d’équilibre. La truite avance en ondulant au moyen de sa nageoire caudale.


Schéma d'une truite © Alessandra Galtarossa

Les nageoires dorsales et anales lui évitent de nager en vrille tandis que les pelviennes et les pectorales lui permettent de nager dans le courant ou au fond de l’eau.

La Truite fario se reconnaît aisément grâce à la petite nageoire « adipeuse » qui caractérise les salmonidés. Le poisson contrôle sa flottabilité grâce à sa vessie dite « natatoire », remplie de gaz, qui se trouve au niveau de son intestin.

La coloration de la truite varie en fonction de son environnement. Elle sera de couleur foncée si elle se tient essentiellement dans les rochers et de couleur plutôt blonde si elle évolue sur les graviers clairs des rivières. De gros points foncés ou rouges sont présents sur les flancs.

Les écailles sont recouvertes d’un mucus facilitant la pénétration du poisson dans l’eau et le protégeant des infections. Chasseur remarquable, la truite possède de grands yeux lui permettant de distinguer les couleurs et les proies.

L’odorat et le goût semblent fonctionner ensemble. Ces organes se situent dans la bouche, sur les lèvres et le museau. Une ligne dite « latérale », présente des deux côtés du poisson, contribue avec l’oreille interne à détecter les bruits et les vibrations. Comme tout être vivant, la truite a besoin de respirer. Elle pompe l’oxygène grâce à ses branchies.

Prédateur vorace, la truite apprécie les eaux fraiches et bien oxygénées. Sa nourriture varie en fonction des saisons. Elles consomme principalement des larves, des insectes, des vers, des mollusques et des petits poissons.

Les Truites fario se reproduisent au début de l’hiver.
Elles remontent alors les petits cours d’eau qui les ont vu naître afin d’y pondre leurs œufs.

Une truite femelle pond entre 1000 et 2000 œufs. Elle remue le fond de l’eau afin de pouvoir y déposer ses œufs. Ceux-ci doivent être fécondés dans les instants qui suivent par les mâles. Ils répandent leur laitance sur l’ensemble des œufs. Cette opération terminée, les truites redescendent les cours d’eau. En milieu naturel, le spermatozoïde ne survit guère plus de 90 secondes dans l’eau. Il n’a donc pas de temps à perdre. On estime que seulement 7 œufs fécondés sur 1000 mèneront à une truite adulte.

La durée de l’incubation dépend de la température de l’eau. Plus l’eau est froide, plus le développement est lent. Dès qu’ils sont nés, les alevins digèrent en premier lieu leur vésicule vitelline avant de se nourrir par eux-mêmes. A 6 mois, ils deviennent des truitelles.

Dans les piscicultures d’élevage, la fécondation artificielle augmente le taux de réussite d’environ 60%. D’ailleurs, à l’heure actuelle, les truites d’élevage servent principalement au repeuplement des rivières. Des études ont montré que ces individus, en se reproduisant en milieu naturel, peuvent affecter le patrimoine génétique des populations sauvages et présenter un risque pour la biodiversité. C’est pourquoi la plupart des piscicultures veillent à n’utiliser que des géniteurs sauvages lors des opérations de reproduction, afin de garantir la souche d’origine des différentes espèces de poissons.


Le Domaine Provincial de Mirwart, près de Saint-Hubert, est réputé pour sa pisciculture © Stéphanie Thiry

La dégradation de la qualité des eaux, la rectification des cours d’eau et le bétonnage de certaines berges réduisent le nombre de frayères naturelles et affectent le taux de réussite des reproductions. Pour remédier à ce problème, une méthode originale est utilisée depuis quelques années : les radeaux végétalisés. Il s’agit d’une structure flottante composée d’alvéoles dans lesquelles sont insérées des plantes aquatiques. Ces frayères artificielles offrent supports de pontes, nourriture et abris aux poissons. 

Les obstacles à la libre circulation des poissons affectent également les populations piscicoles de nos rivières. L’existence des barrages et des centrales hydroélectriques sont autant d’entraves à la remontée (montaison) des poissons vers les frayères et à leur redescente des cours d’eau (dévalaison).

Plusieurs décisions tant au niveau national qu’européen obligent toutes les nouvelles constructions sur les cours d’eau à garantir la libre circulation des poissons.

> Des passes à poissons efficaces (rampes, passes à bassins, rivières de contournement,…) doivent équiper tout nouveau site.
> Les turbines utilisées doivent être à faible débit afin de limiter la mortalité, ou posséder un dispositif arrêtant les poissons et les guidant à travers un canal vers l’aval du cours d’eau.

Toutes ces initiatives positives devront être suivies de nouveaux projets et d’une prise de conscience de chacun d’entre nous, afin de préserver notre patrimoine naturel remarquable et restaurer les populations piscicoles de nos cours d’eau.

Dominique Ludwig

 

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