Jardinez pour les abeilles !
Défi Nature ASBL

© Pixabay

De l'intérêt de cultiver des plantes mellifères

De nombreux végétaux ont besoin des insectes pour survivre et se reproduire. Ainsi, on considère généralement que la pollinisation des arbres, arbustes, plantes vivaces, et autres plantes à fleurs dépend pour 80 % des insectes. Parmi les insectes pollinisateurs, on trouve des hyménoptères (abeilles, bourdons, mélipones), des diptères (syrphes, bombyles), des lépidoptères (papillons) et certains coléoptères (longicornes...).

A l'inverse, l'ensemble des végétaux constitue la base des chaînes alimentaires. Ils offrent en effet un lieu de vie pour quelques milliers d'insectes, eux-mêmes futures proies de petits insectivores, etc... Nous sommes au cœur d'un écosystème à l'équilibre naturel.

Nos Abeilles et les fleurs

Si on examine de plus près le cas des abeilles (domestiques et sauvages), on constate qu'elles contribuent à elles seules à 90% de la pollinisation due aux insectes.

Ceci dit, elles dépendent pour leur alimentation exclusivement du monde végétal. Leur nourriture est constituée de nectar et de pollen, auxquels s'ajoute quelquefois le miellat.

Le nectar est le liquide riche en sucres produit par de petites glandes, presque toujours situées à la base des pétales des fleurs. C'est la ressource énergétique principale, avec le miellat.

Le miellat est une déjection sucrée d'origine animale. Récolté par les abeilles lorsqu'il est produit en grosse quantité, le miellat est produit par des insectes parasites de végétaux (principalement des pucerons, mais parfois aussi des cochenilles et des psylles), qui sont capables de sucer la sève au travers des tissus de la plante hôte.

Les grains de pollen, quant à eux, sont produits au niveau des anthères (partie supérieure des étamines). Bien que la composition du pollen soit très variable, les protéines y sont particulièrement bien représentées (de l'ordre de 20%). Cette nourriture riche en azote est très importante lors de l'élevage des larves au printemps.

Les plantes qui produisent du pollen, du nectar, ou qui permettent de récolter du miellat, sont appelées plantes apicoles. Dans le langage courant, les plantes mellifères sont devenues synonymes des plantes apicoles.

Le système de prospection d’une colonie d’abeilles est très performant. Ainsi, dans un rayon de moins de deux kilomètres, une colonie est capable de trouver sans difficulté un Tilleul isolé et, dans un rayon de 500 m, un petit parterre de fleurs intéressantes sera visité.

Par contre, les fleurs isolées ou à faible production de nectar ou de pollen n’intéresseront que fort peu les abeilles.

Les jardins et parcs comprenant par exemple des parterres fleuris, des buissons de petits fruits, un verger de pommiers, du lierre ou une vigne vierge, … sont très diversifiés et offrent pendant toute la saison des ressources non négligeables pour les abeilles.

La survie de l’Homme menacée ?!!

Cependant, sans réelle explication scientifique satisfaisante, l’abeille, en particulier depuis quelques années, a vu ses rangs décimés parfois de manière catastrophique.

A tel point que d’aucuns en arrivent à craindre leur disparition totale de la surface du globe… !   Dans ce cas, les conséquences risqueraient bien d’être dramatiques pour l’Homme si aucune    mesure radicale de protection n’était prise.

Parmi ces mesures, on en épinglera une dont le principal promoteur…c’est vous… !

En effet l’introduction dans les jardins de plantes mellifères diversifiées peut contribuer sensiblement à la survie de ces fascinantes et infatigables alliées.

…Abeilles, mais aussi Papillons, Bourdons,…et Syrphes

Toutes les plantes n'ayant pas les mêmes périodes de floraison, vous pouvez obtenir un jardin fleuri du printemps à l'automne. Vous pouvez mélanger flore spontanée et espèces d'ornement.

Il est nécessaire de varier les espèces végétales car, dans le cas des papillons par exemple, les besoins du stade ailé sont différents de ceux du stade chenille. C'est la raison pour laquelle un large éventail de plantes permet d'abriter et de nourrir tout au long de leur vie et de leurs stades d’évolution successifs une grande variété d'insectes.

Voici un aperçu des espèces de papillons attirées par les plantes mellifères: Petite tortue, Robert-le-diable, Vulcain, Nacré, Argus bleu et Aurore.


Vulcain

Comme les abeilles et les papillons, les Syrphes profiteront du nectar alors que leurs larves se délecteront des pucerons présents dans votre jardin.

Vous trouverez ci-dessous l’énumération de quelques plantes à favoriser dans votre jardin, classées par périodes de floraison. L’astérisque* désigne les espèces indigènes (qui poussent « naturellement » dans nos régions). Cette liste n’est pas du tout exhaustive :

> Fin de l’hiver : Crocus, Perce-neige, Noisetier*.


Perce-neige © Christiane De Fooz

 

> Début du printemps : Saule marsault*, Prunellier*, Groseillier à grappes, Merisier*, Ail des ours*, Lierre terrestre*.


Fleurs d'Ail des ours © Marianne Verboomen


> Printemps : Pommier*, Marronnier, Erable champêtre*, Houx, Aubépine*, Moutarde des champs*, Consoude officinale*.

> Fin du printemps : Robinier faux-acacia, Framboisier, Trèfle blanc*.

> Début de l’été : Tilleul, Châtaignier, Thym, Vipérine.


Vipérine © Gautier Ory

> Eté : Menthe poivrée, Berce commune*, Mauve sauvage*, Reine des prés*, Origan*.

> Fin de l’été : Tournesol, Bourrache, Phacélie, Salicaire, Epilobe en épi.

> Automne : Bruyère, Lierre commun.

Il va de soi que les pulvérisations d’insecticides, fongicides ou autres herbicides devront être bannies ou à tout le moins réduites au strict minimum. Le rythme des tontes des pelouses sera diminué, afin de permettre aux plantes à fleurs comme le Trèfle blanc de s’épanouir. Enfin, il sera souhaitable de conserver un coin de jardin peu entretenu, où pourront s’installer différentes plantes sauvages.


Zones laissées "sauvages" dans un jardin © Marianne Verboomen

N’oubliez pas non plus que pour mieux aider les insectes friands de nectar, vous pourrez aussi construire ou installer des nichoirs à insectes.

Jacques Adriaensen

Article initalement paru dans la revue Clin d'oeil du 1er semestre 2010

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