Le Mouflon méditerranéen
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Lorsqu’on évoque l’observation de la grande faune sauvage de notre pays, nous pensons principalement aux grands cervidés (cerfs, biches), aux chevreuils et aux sangliers. Pourtant, un autre ongulé sauvage est bien présent dans certaines régions du Sud de la Belgique, le long de la vallée de la Semois.

Sa physionomie

Le Mouflon de Corse appartient à la classe des Mammifères et à l’ordre des Artiodactyles. C’est un ovin sauvage de la famille des Bovidés.

La taille du mâle varie entre 130 et 140 cm pour une hauteur au garrot de 75 cm. Il pèse entre 40 et 60 kg. La Mouflonne mesure de 120 à 130 cm de long et 70 cm de haut. Son poids atteint les 35 kg environ. L’espérance de vie est d’une quinzaine d’années. Les mouflons présentent un pelage brun foncé, plus clair pour la femelle. Par contre, le ventre, l’arrière train, le bout du museau et le bas des pattes sont de couleur blanche. De plus, les mâles ont également une tâche blanchâtre en forme de « selle » sur le dos.

Ils arborent des cornes imposantes qui peuvent atteindre un mètre de long. Au fil des années, elles s’enroulent le long du cou. Des anneaux de croissance bien visibles permettent d’estimer l’âge de l’animal. Toutes les femelles ne portent pas des cornes. Quand elles en ont, celles-ci sont plus petites (environ 15 cm de long), peu recourbées et souvent dissymétriques.

Le Mouflon de Corse serait un descendant des mouflons du Proche Orient. Il y a 7000 ans, des mouflons domestiqués auraient été introduits dans les iles méditerranéennes avant de redevenir sauvage. Les régions du Sud de l’Europe représentent son habitat préféré. Il aime les régions de moyenne montagne aux sols rocailleux et bien drainés. Il n’apprécie guère les périodes enneigées, ni la canicule. Il fréquente les espaces ouverts comme les clairières, les landes et les prairies ainsi que le couvert forestier aux périodes les plus chaudes de l’année. En hiver, il occupe les secteurs de son domaine exposés au Sud ou les fonds de vallées à l’abri du froid. Au retour des beaux jours, il regagne les parties les plus hautes à la recherche d'une nourriture plus abondante et de la fraicheur.

Son alimentation est très variée. Les plantes herbacées (surtout les graminées) représentent la base de son alimentation tout au long de l’année. Il mange également des feuilles, des bourgeons, les jeunes pousses des arbres et arbustes (chênes, frêne, arbousier, genêts,…). En automne, il consomme beaucoup de fruits (glands, châtaignes, faines, baies,…). À la mauvaise saison, il se contentera de mousses, de lichens ou de champignons. Par contre, il n’apprécie guère les conifères. Il consacre une grande partie de sa journée à s’alimenter. Le reste du temps est consacré au repos et à la rumination.

Son milieu de vie

Cet ongulé méditerranéen est un animal sociable et sédentaire, attaché à son territoire. Le domaine vital des mâles, qui s’étend sur quelques centaines d’hectares, est plus grand que celui des femelles. Les mouflons vivent en groupe dont la taille et la composition varient en fonction des périodes de l’année. Le groupe matriarcal, composé de la femelle, de son agneau et de son jeune de l’année précédente est la structure sociale la plus fréquente.
En automne, les individus se regroupent en hardes plus ou moins importantes dirigées par une femelle âgée, plus expérimentée. Généralement, les mâles les rejoignent au moment du rut. Au printemps, ils quittent la harde et se regroupent entre eux.

La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 9 mois environ pour les femelles et de 2 ans pour les mâles. La période de rut a lieu en automne. Le mâle, polygame, s’attribue une harde. Les accouplements ont lieu d’octobre à décembre. Les mises bas se déroulent en avril ou en mai après cinq mois de gestation. La mouflonne s’isole pour donner naissance à un seul agneau, rarement deux. Après quelques jours, elle réintègre la harde en compagnie de son petit. Il sera allaité pendant 6 mois environ avant d’être sevré. Puis, le jeune restera dans la harde maternelle. Les agneaux mâles devront quitter le groupe à deux ans.

Des introductions programmées

Le mouflon est considéré comme un animal doué d’une grande faculté d’adaptation.

Il a fait l’objet de plusieurs introductions en France. Les populations introduites dans les Alpes, les Pyrénées et le Massif Central se sont, en général, bien déroulées. Les animaux introduits se sont bien acclimatés et les populations sont en augmentation.

En Belgique, plusieurs tentatives d’introduction du Mouflon de Corse ont été entreprises. Une première tentative à eu lieu en 1938. Le troupeau a été décimé pendant la guerre 40-45. En 1954, 12 mouflons sont introduits dans le Sud de la Belgique, dans la vallée de la Semois. Ce troupeau s’est rapidement acclimaté à son nouvel habitat. Actuellement, une centaine de mouflons sillonnent la forêt des Epioux. Une troisième tentative d’introduction, couronnée de succès, sera réalisée en 1956 dans les bois de Sainte-Cécile (près de Florenville) et d’Herbeumont. Toutes ces introductions ont été effectuées dans un but purement cynégétique (pour la chasse). Actuellement, les populations sont stables voire en augmentation. Les mouflons fréquentent principalement les escarpements rocheux des vallées de la Semois, ainsi que des clairières et des zones dégagées des forêts situées à la frontière entre la Gaume et l’Ardenne.

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