La Calestienne
publié le 04/03/2020
Auteur : Gautier Ory

La Calestienne est cette région prise en sandwich entre la Fagne-Famenne au Nord et les Ardennes au Sud, et qui balafre ainsi la Wallonie. Elle n’est certes pas bien large (à peu près 10 km), mais elle s’étend tout de même de Chimay à Aywaille, c’est-à-dire sur une longueur de 130 km, puisqu’elle déborde même un peu en France (Givet). Si par hasard son nom ne vous dit pas grand-chose, c’est qu’elle reste souvent une des grandes oubliées des cartes belges.

Quelques millions d'années en arrière

Si nous faisons un grand retour en arrière, il y a près de 400 millions d’années pour être plus précis, la future Calestienne est méconnaissable. Jugez plutôt : nous sommes en mer tropicale peu profonde au niveau du Tropique du Capricorne. Dans le fond de ces eaux se trouve un grand récif de corail ! Par une suite de phénomènes géologiques, cette barrière corallienne est sortie des eaux, s’est déplacée et élevée au point de culminer au dessus de la Fagne et de la Famenne, à une altitude supérieure à 250m à présent.

Géologie et relief

Pour expliquer l’origine du terme « Calestienne », deux explications subsistent. La première donne pour source le mot « calestine », qui désignait jadis un amendement calcaire qu’on étendait sur les terres cultivables pour en modifier les propriétés. La seconde affirme que le nom viendrait de « cales », signifiant calcaire, et de « tiène » signifiant « butte » en wallon. L’appellation « Calestienne » évoquerait ainsi les buttes de calcaire typiques qui composent son relief. Ce qui constitue toute la richesse des paysages de Calestienne ! Quelle qu’en soit la véritable origine, il est clair que la Calestienne est intimement liée au calcaire.

Ce calcaire a toujours une place capitale dans la vie de cette région. Son extraction dans les nombreuses carrières, telle que Lhoist pour ne citer qu’elle, a permis par le passé de construire les habitations locales mais aussi d’exporter cette matière pouvant atteindre une qualité rare en certains endroits. Elle est devenue une des ressources de cette région, loin d’être parmi les plus fertiles de Belgique.

Richesses géologiques

Pour ce qui est des formes et des secrets des tiennes, c’est l’eau, qu’elle soit de pluie ou de rivière, qui en est la principale sculptrice. Par sa violence ou une fois acidifiée, elle creuse la roche en l’attaquant. Selon la façon dont ces roches calcaires ont été « compressées », elles sont plus ou moins denses et donc résistent plus ou moins bien aux attaques de l’eau.

C’est cette interaction de l’eau qui s’infiltre qui permet à la Calestienne de garder cachées de nombreuses grottes mais aussi de splendides lieux géologiques ! Bon nombre d’entre elles ne sont même plus à présenter : les grottes de Neptunes de Petigny, les grottes de Han(-sur-Lesse), la grotte de Remouchamps, le Fondry des Chiens, la Roche trouée de Nismes et bien d’autres encore. Ce n’est pas un hasard si une part de la Calestienne vient d’être labellisée Géoparc de l'Unesco.

Une biodiversité unique

Malgré les impressions qu’elle peut laisser au premier abord, la Calestienne est avant tout une région contenant une biodiversité unique ! Les sols étant pauvres, beaucoup de forêts ont été converties jadis en pâturages pour le bétail. Cette pratique a permis la création d’un milieu particulier : les pelouses calcaires. Appelées aussi pelouses xérothermophiles ou encore calcicoles, ces milieux sont propices au développement d’une végétation particulière.

En effet, les cours d’eau sont loin d’être abondants (la Lesse, la Lomme et l’Ourthe) et les ruisseaux le sont encore moins. Ajouté à cela que ces pelouses possédent un sol peu épais et sont exposées en plein soleil, la température annuelle moyenne de ces sols est plus élevée que la moyenne des sols belges. Cet ensemble de conditions est une opportunité pour bon nombre de plantes calcicoles rares, les orchidées en tête. On retrouve beaucoup d’Orchis et d’Ophrys en Calestienne. Elles en sont l’emblème d’une certaine manière.

Mais la richesse ne s’arrête pas là, on peut retrouver des dizaines d’espèces au mètre carré. Il suffit d’ouvrir les yeux : Epiaire dressée, vipérine, thym, Anémone pulsatille, centaurée, globulaire… Certaines de ces espèces, malgré leur fragilité, sont extrêmement bien adaptées à ce milieu peu propice en apparence. Cette biodiversité reste malgré tout fragile et doit être entretenue.

De beaux villages

Si on traverse la Calestienne de part en part, elle forme une courbe qui s’étend de Louveigne à un peu plus loin que Chimay. Bon nombre de provinces sont traversées et avec elles, parmi les villages de cette région calcaire, on retrouve plusieurs des plus beaux villages de Wallonie : Ny, Wéris et ses domens, Sohier, Vierves-sur-Viroin, Lompret et Fagnolles.

Pierre qui mousse…

Pour les amateurs de terroir, la région est propice à la dégustation de bières ! On retrouve en Calestienne deux trappistes : la Chimay et la Rochefort, portant toutes deux le nom de leur localité. Mais avec la Brasserie des Fagnes, la Marckloff et sa confrérie, la Brasserie Elfique ou encore la Brasserie de la Lesse, ce ne sont pas les brasseries qui manquent !

Bref, si les territoires quelques peu vallonnés ne vous font pas peur, et que la découverte des charmes d’une région trop souvent oubliée vous tente, la Calestienne est une région magique pour les amoureux de la nature. La Calestienne a bon nombre de trésors cachés à dévoiler !

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