Faons, marcassins, renardeaux et Cie...
Défi Nature ASBL

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En septembre, lorsque l’été nous quitte doucement et que les premières couleurs d’automne apparaissent, les forêts d’Ardenne, d’habitude si paisibles, se remplissent des cris impressionnants des cerfs en rut. C’est alors qu’une foule de passionnés du brame se rassemblent pour vivre ce spectacle annuel impressionnant venu du fond des âges.

Pourtant, au printemps lorsque le beau temps s’installe, un autre rituel plus discret mais tellement merveilleux se déroule, lui aussi, chaque année au coeur de nos forêts : la naissance des bébés animaux.

Les sangliers ouvrent la voie

Les premiers à naître seront les marcassins. Chez le sanglier, l’accouplement se déroule en hiver (principalement en décembre). Après 3 mois, 3 semaines et 3 jours, la laie met au monde de 4 à 10 petits (en fonction de son âge et de son poids) dans un nid constitué de branchages et de feuilles appelé « le chaudron ». Les marcassins resteront dans ce nid douillet environ une semaine.

Après 3 semaines, toute la petite famille rejoindra la compagnie de sangliers. C’est à ce moment que l’on peut voir ces petits clowns à la robe rayée suivre leur maman à la queue leu leu. Au sein de la troupe, ils se disputent, se mordillent, se grattent et se poursuivent sans relâche.

Ils seront allaités pendant 3 mois avant d’être sevrés. Vers l’âge de 5 mois, les marcassins perdront leurs belles rayures qui les caractérisent et deviendront alors des « bêtes rousses » avant le passage à l’âge adulte.

Le cerf, roi de la forêt !

Chez les grands cervidés, le pic des naissances à lieu entre le 15 mai et le 15 juin.

Les cerfs et les biches vivent séparément la majeure partie de l’année et ne se retrouvent qu’en septembre et octobre au moment du brame, pour la reproduction. La biche n’est sexuellement réceptive qu’une seule journée sur l’année. Le cerf fécondera toutes les biches de son « harem » au fur et à mesure de leurs chaleurs.

La gestation dure environ 8 mois. Un peu avant la mise bas, la biche se retire de la harde dans un endroit calme et couvert. Elle met au monde un seul faon, rarement deux, qui pèse entre 4 et 6 kilos en fonction du sexe et des individus. Il est capable de se déplacer au bout d’une heure. Mais pendant les deux premières semaines, il reste le plus souvent couché dans l’ombre des fourrés, bien à l’abri des regards et des prédateurs. En cas de dangers, il reste parfaitement immobile et il ralentit son rythme cardiaque. Sa robe tachetée de blanc, appelée la « livrée », imite les rayons du soleil qui traversent les fourrés et les buissons, le rendant complètement invisible.

Sa maman l’allaitera pendant 6 mois avant le sevrage. Il pèsera alors une cinquantaine de kilos, tandis que son pelage deviendra brun-roux.

Et son comparse le chevreuil

C’est également à cette époque que la femelle du chevreuil, appelée chevrette, met au monde un ou deux faons qui ne pèsent guère plus d’un kilo. Ils arborent, eux-aussi, un beau pelage roux orné de taches blanches.

Chez le chevreuil, le rut qui correspond au brame chez le cerf, se déroule du 15 juillet au 15 août. À cette époque, les brocards courent inlassablement derrière les chevrettes qui ne sont réceptives que pendant 2 jours. La gestation dure environ 150 jours. Les ovules fécondés pendant l’accouplement ne s’implantent pas directement dans l’utérus. Ils bénéficient d’une « diapause embryonnaire » de 170 jours. Ce n’est qu’à la fin du mois de décembre qu’ils commenceront leur développement. Sans cette implantation différée, les jeunes naîtraient en plein hiver. Bien peu d’entre eux survivraient alors aux rigueurs hivernales. Ce phénomène se rencontre également chez d’autres espèces comme le blaireau, la martre ou les chauves-souris.

Pendant les premiers jours de sa vie, Bambi, haut comme « trois pommes », reste caché dans les hautes herbes ou au pied d’un buisson, bien à l’abri de ses prédateurs que sont le renard, les chiens errants ou le chat forestier. La chevrette allaitera ses petits pendant 3 mois et le sevrage interviendra au bout de 6 mois.

Si, au cours d’une de vos promenades, vous rencontrez un petit faon, blotti dans les fourrés, ne le touchez surtout pas, passez votre chemin ! Contrairement à ce que vous pourriez croire, il n’est pas abandonné. Sa maman n’est probablement pas très loin, et si à son retour elle détecte l’odeur humaine sur son petit, elle l’abandonnera.

Sans oublier les renards

Les champions du jeu sont, sans aucun doute, les renardeaux. À l’entrée du terrier, ils se livrent à des courses poursuites, entament des simulacres de combats, se mordillent, se disputent. Tout est prétexte à jouer. S’ils trouvent un bout de bois, un os ou une plume, ils les projettent en l’air et les saisissent en effectuant plusieurs cabrioles. Puis, fatigués, ils s’endorment l’un contre l’autre bercés par les rayons du soleil.

Au retour de la renarde, c’est la fête. En maman exemplaire, elle fait preuve d’une infinie patience envers eux et leur pardonne tous les excès.

Après une gestation de 53 jours, elle met bas entre 3 et 6 petits dans un terrier non utilisé par une famille de blaireaux ou de lapins de garenne.

Nés aveugles et sourds, ils seront allaités pendant 3 semaines puis recevront de la nourriture carnée, en général des petites proies ramenées par les parents à l’entrée du terrier. Les renardeaux resteront tout l’été avec leur maman. Ils deviendront d’excellents chasseurs avant de se disperser à l’arrivée de l’automne.

Tout au long du printemps, les naissances continueront à se succéder chez tous les animaux vivant dans nos forêts. Toutes les mamans, sans exception, feront preuve de tendresse, de compassion envers leurs petits qu’elles défendront en toutes circonstances.

De l’allaitement jusqu’à la découverte du monde environnant, elles les accompagneront et guideront leurs premiers pas. Finalement, la relation entre les mamans et leurs petits est et restera toujours une éternelle histoire d’amour.

 

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